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Claude Owona Ekoto : une figure camerounaise des hautes sphères de la finance africaine

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  • Catégorie de la publication :Actualité

Dans sa cartographie des talents susceptibles de soutenir l’ambition du Cameroun à l’horizon 2050, Puissance 237 retient des trajectoires dont l’influence dépasse le parcours individuel. Celle de Claude Owona Ekoto en fait partie. Depuis juillet 2026, la banquière dirige le groupe des institutions financières de l’International Finance Corporation (IFC) pour l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest anglophone, au croisement du financement des entreprises, des chaînes de valeur et de l’inclusion financière. Une position qui invite à regarder de plus près ce que le capital humain camerounais peut peser dans la transformation économique du continent.

Au cœur des mécanismes de compétitivité

Le parcours de Claude Owona Ekoto prend une dimension particulière lorsqu’on observe les mécanismes qui entourent le financement du secteur privé. Une entreprise ne change pas d’échelle uniquement parce que des capitaux existent : elle doit pouvoir présenter une activité lisible, un risque appréciable, des perspectives de marché et des besoins suffisamment structurés pour intéresser les financeurs. Le rôle des institutions financières devient ainsi une composante de la compétitivité des entreprises et, par extension, des économies.

Son expérience de plus de vingt ans dans la banque et le financement du développement l’a notamment conduite à travailler sur les micro, petites et moyennes entreprises, les chaînes de valeur agricoles, le financement des femmes entrepreneures et les marchés locaux de capitaux. Son nouveau mandat étend cette problématique à deux espaces économiques majeurs du continent.

Quand l’information détermine l’accès au capital

Cette trajectoire permet de faire apparaître un enjeu moins visible : la qualité de l’information qui précède la décision financière. Lorsqu’un prêteur dispose de données insuffisantes sur une entreprise, l’incertitude augmente. Lorsque les informations sont mieux structurées, le risque peut être davantage qualifié et les conditions d’accès au financement peuvent évoluer. En Afrique centrale, le développement des mécanismes régionaux d’information sur le crédit répond précisément à cette problématique.

L’utilisation de données alternatives ouvre une autre perspective. Transactions numériques, activité commerciale ou autres traces économiques peuvent contribuer à mieux apprécier la solvabilité d’entrepreneurs disposant de peu d’historique bancaire. La question du financement rejoint alors directement celle de la circulation et de l’exploitation de l’information économique : ce qui est connu, mesuré et qualifié peut davantage entrer dans la décision d’investissement.

Du capital financier à la capacité productive

Le financement devient stratégique lorsqu’il permet à une entreprise de franchir un seuil : acquérir des équipements, sécuriser ses approvisionnements, augmenter sa production, intégrer une chaîne de valeur ou préparer son implantation sur un marché voisin. Dans cette perspective, le capital financier n’est plus seulement une ressource disponible ; il devient un levier de transformation lorsqu’il se convertit en capacité productive.

Pour le Cameroun, cette articulation prend une importance particulière dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). L’ouverture des marchés ne garantit pas à elle seule l’émergence d’entreprises compétitives. Encore faut-il disposer des informations, des capacités productives et des financements nécessaires pour répondre à une demande élargie. La chaîne devient alors lisible : information, financement, production, changement d’échelle et conquête des marchés.

Le capital humain comme levier de puissance

C’est cette chaîne que Puissance 237 permet de mettre en évidence à partir d’un profil individuel. La trajectoire de Claude Owona Ekoto soulève une question plus large : quelle place le Cameroun occupe-t-il dans les réseaux où se décident les conditions de financement de la croissance africaine ? La réponse ne se trouve pas uniquement dans les volumes de capitaux disponibles, mais aussi dans la présence de compétences capables d’en comprendre les mécanismes et d’agir au sein de ces réseaux.

Cette lecture transforme le profil en indicateur de capacité nationale. Le capital humain devient un actif stratégique lorsqu’il est positionné dans des espaces où il peut faire circuler des compétences, des capitaux, des informations et des opportunités. Pour un Cameroun qui vise une montée en puissance à l’horizon 2035-2050, identifier ces positions compte autant que recenser les ressources économiques disponibles.

Une cartographie nationale des capacités

Cette approche s’inscrit dans la démarche de Puissance 237, portée par le Dr Guy Gweth : repérer les femmes, les hommes et les projets dont les réalisations permettent de mesurer les capacités réelles du Cameroun. La finance n’en constitue qu’un champ parmi d’autres. Industrie, énergie, agriculture, santé, technologie, infrastructures ou économie verte peuvent également révéler des points d’appui pour la compétitivité et la souveraineté nationales.

La diversité territoriale fait partie de cette lecture. Les dix régions du Cameroun constituent autant de réservoirs de compétences et de projets à documenter, sans qu’une région ne monopolise la représentation de la puissance nationale. À travers cette cartographie, Puissance 237 ne cherche donc pas seulement des parcours remarquables : il s’agit de comprendre où se trouvent les capacités, comment elles se connectent et dans quelle mesure elles peuvent contribuer à faire du Cameroun une puissance africaine entre 2035 et 2050.

La Rédaction