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Puissance237

Actualité

Yaoundé 2026 : la CEA appelle à accélérer les réformes du privé et à construire une industrie compétitive

14 octobre 2026

La 42e session de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) s’ouvre le 13 octobre 2026 à Yaoundé avec une question centrale pour les économies d’Afrique centrale : comment transformer les réformes économiques en capacités industrielles réelles ? Quelques jours après la publication d’un diagnostic soulignant le décalage entre les réformes adoptées et leurs effets sur les entreprises, le débat dépasse l’amélioration du climat des affaires. Pour le Cameroun, l’enjeu est de convertir ses ressources, ses infrastructures et sa position régionale en avantages productifs durables. C’est l’une des orientations défendues par Dr Guy Gweth dans Puissance 237, qui place l’industrie manufacturière au cœur de la puissance camerounaise.

Réformer ne suffit pas à produire

Les données rappelées par la CEA illustrent l’ampleur du défi : 75 % des exportations de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) proviennent des secteurs extractifs, tandis que la valeur ajoutée manufacturière par habitant reste inférieure à 150 000 FCFA dans la plupart des pays de la zone, contre plus de 1,6 million de FCFA en Malaisie. Le problème ne tient donc pas seulement à la disponibilité des ressources. Il concerne la capacité à les transformer localement en produits manufacturés, en emplois qualifiés et en revenus.

Les réformes du climat des affaires peuvent faciliter le crédit, sécuriser les transactions et réduire les contraintes administratives. Elles ne créent toutefois pas automatiquement les unités de production, les compétences ni les débouchés nécessaires à l’industrialisation. Dans Puissance 237, Dr Guy Gweth invite ainsi à dépasser le décompte des mesures adoptées pour examiner leur traduction en capacités économiques. Pour le Cameroun, le critère décisif devient la possibilité, pour les entreprises, d’investir, de produire et de gagner des parts de marché.

Les infrastructures doivent servir une stratégie productive

La Commission économique pour l’Afrique identifie également les insuffisances des infrastructures productives parmi les obstacles à la compétitivité. L’irrégularité de l’approvisionnement électrique, les coûts de transport et les difficultés de connexion entre les bassins de production et les zones industrielles pèsent sur les coûts des entreprises. Mais la construction d’infrastructures ne garantit pas, à elle seule, l’émergence d’un appareil productif performant.

Une route, un port ou une zone industrielle acquiert sa pleine valeur économique lorsqu’il facilite l’activité des entreprises et l’organisation des filières. Une zone industrielle peu occupée, un port insuffisamment connecté aux producteurs ou un réseau de transport qui ne réduit pas les coûts logistiques peuvent limiter les retombées des investissements engagés. La question stratégique consiste donc à articuler les infrastructures avec les secteurs à développer, les marchés à conquérir et les besoins réels des entreprises camerounaises.

La maîtrise technologique se construit

Le financement et les compétences constituent un autre verrou. Une entreprise peut identifier une demande solvable sans disposer des capitaux nécessaires pour moderniser ses équipements. À l’inverse, l’acquisition de machines ne garantit pas leur exploitation optimale si les compétences techniques, la recherche appliquée et les capacités de maintenance font défaut. Ces contraintes se renforcent mutuellement et limitent la progression des entreprises vers des activités à plus forte valeur ajoutée.

Le développement industriel suppose dès lors un investissement durable dans l’innovation, le financement des entreprises innovantes et la protection de la propriété intellectuelle. Ces leviers, mis en avant dans Puissance 237, doivent permettre aux entreprises camerounaises de dépasser la simple utilisation de technologies importées pour développer progressivement leurs propres capacités. L’objectif n’est pas de tout produire localement, mais de maîtriser davantage de procédés, de compétences et de segments stratégiques afin de réduire les dépendances et de renforcer la compétitivité.

Les partenariats doivent renforcer les entreprises locales

Les coopérations avec les multinationales, les pays industrialisés, les institutions financières et les centres de recherche peuvent accélérer cette progression. Elles facilitent l’accès aux capitaux, aux technologies et aux marchés. Leur contribution à la puissance économique du Cameroun dépend néanmoins des capacités qu’elles permettent de développer sur le territoire.

Leur évaluation doit donc dépasser le montant des investissements annoncés ou le nombre d’emplois créés à court terme. Le transfert de savoir-faire, la formation de techniciens et d’ingénieurs, l’intégration des fournisseurs locaux et la participation des entreprises nationales aux chaînes de valeur constituent des indicateurs plus révélateurs. Cette approche rejoint la logique de Puissance 237 : les partenariats deviennent un levier de souveraineté économique lorsqu’ils améliorent durablement la capacité des acteurs nationaux à produire, à innover et à se positionner sur les marchés.

De la réforme au leadership industriel

À mi-parcours de la Décennie de la diversification économique, l’enjeu pour le Cameroun est de relier les réformes, les infrastructures, l’innovation et les partenariats à des objectifs industriels mesurables. Sans cette articulation, les améliorations du cadre économique risquent de produire des résultats limités sur la transformation locale, la montée en gamme des entreprises et la diversification des exportations.

Dans Puissance 237, Dr Guy Gweth inscrit cette ambition dans le triptyque défense-attaque-influence : préserver les marges de décision économique, conquérir des marchés et renforcer la capacité du Cameroun à peser sur son environnement régional. Ces trois dimensions nécessitent une base productive capable de soutenir la compétitivité des entreprises et de consolider les positions du pays dans les chaînes de valeur africaines. La session de Yaoundé remet ainsi au premier plan une exigence fondamentale : faire de l’industrialisation non seulement un objectif de développement, mais aussi un instrument de puissance et de leadership continental.

La Rédaction 

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